Se loger ou habiter ? Assurer l’équilibre du « vivre ensemble »
La municipalité se targue depuis un certain nombre de mois de faire des efforts en matière de logements sociaux.
N’oublions pas d’abord que les deux municipalités précédentes (Marchand et Liberti) avaient entrepris la réalisation de logements sociaux dans divers quartiers de la ville en unités plus « intégrées », loin des ghettos des années 60-70.
Aujourd’hui, si cela se poursuit, s’est ajouté le programme du Périmètre de Restauration Immobilière (PRI), entamé notamment rue Honoré-Euzet.
Mais…Les nouveaux logements sont-ils en priorité réalisés pour la population locale ?
Sont-ils en adéquation avec les demandes finement analysées ?
Est-ce « loger des familles » ou leur permettre « d’habiter » ?
Se loger c’est avoir un toit et des murs pour être à l’abri des intempéries, se protéger des autres et de l’extérieur, préserver son intimité.
Habiter c’est être logé dans un endroit qui convient, que l’on apprécie, que l’on s’approprie pour qu’il devienne un « chez soi » qui ressemble à soi, à sa manière de vivre ; et dans un ensemble – le quartier – qui va devenir « son » quartier, où l’on va se repérer et tisser des réseaux de relation.
C’est aussi s’assurer la non dégradation du logement par l’appropriation qui en est faite : « je me sens bien, je protège où je suis » et la non agressivité dans le quartier. Cela a donc un double effet personnel et collectif.
Cela suppose donc d’agir à la fois sur l’offre (diversité des logements dans la ville et répartis dans les différents quartiers et en nombre suffisant) et la gestion de la demande : en plus des informations prises en compte habituellement – composition de la famille, ressources, etc… – il est nécessaire d’aller plus loin dans la connaissance de la famille, de ses choix, de ses modes de vie, de ses désirs d’habiter.
Rattrapage en matière de logements sociaux : de quels logements sociaux parlent-ils ?
Les logements sociaux, maintenant dits conventionnés, résultent de financements spécifiques assurés par des prêts de la Caisse des Dépôts et Consignations, tous comptabilisés dans ces fameux 20 % auxquels s’ajoutent les dernières décisions de Mme Boutin. Pourtant, selon le prêt accordé, le logement ouvre l’accès à des catégories de ménages ayant des ressources très différentes. Actuellement, sur l’opération PRI, la municipalité de Sète veille scrupuleusement à respecter ces 20% mais essentiellement en prêt PLUS (échelle des plafonds de ressources annuelles des ménages entre 15.018 € et 30.036 € pour un couple avec un enfant, soit mensuellement une fourchette allant de 1.251 € à 2.503 €) et environ 1/5 de ces logements sociaux sont en logement « plus social » (ressources inférieures à 15.017 € pour une situation familiale identique).
A noter que ces différentes possibilités sont à utiliser pour favoriser la mixité sociale, puisqu’il est possible d’inclure des logements conventionnés ou non et divers conventionnements, dans le même immeuble qu’il s’agisse d’une construction neuve ou d’une réhabilitation.
Mixité sociale qui, seule, peut garantir l’équilibre du « vivre ensemble ».
Aucune préparation !
Avec la Ville, la SA Elit (pourtant présidée par le maire !) qui a en charge le Programme du Périmètre de Restauration Immobilière a mis en quelques sorte la charrue avant les boeufs !…..
Aucun logement tiroir n’a été prévu pour reloger temporairement les familles habitants les immeubles concernés. Du coup, certains travaux de réhabilitation sont en attente. Du coup, un organisme a dénoncé son contrat faute de pouvoir les effectuer (qui a payé les dommages et intérêts ?…)
La SA Elit fait pression sur les HLM municipaux pour qu’ils fournissent ces logements tiroirs…au détriment des familles attendant elles-mêmes un logement social depuis des années. Et ce alors qu’il y a plus d’un millier de logements privés vacants à Sète !
Une fois de plus, ceci met également en évidence que ce projet de réhabilitation de quartier n’est aucunement piloté ; il s’agit pourtant d’une décision municipale majeure.
Un tel projet requiert une préparation, une analyse précise de l’existant pas uniquement sur le plan de l’habitat mais également au niveau social et économique. C’est un véritable projet urbanistique intégrant les différentes composantes qui façonnent une ville. Pour l’instant, nous ne voyons rien que des actions au coup par coup, des achats, des ventes, des déplacements de familles ; quel plan d’ensemble ? Avec quelles étapes ? Et le comité de pilotage et son capitaine semblent peu concernés…
Nicole Bandelier et Grégory Namiech
Commission Sociale Commission Urbanisme
Tags: PRI






