Malgré la demande des élus de l’opposition, le dossier de non-renouvellement de la convention d’occupation des locaux municipaux par la Maison de Quartier de l’Ile de Thau (après douze ans d’occupation et d’actions) n’a pas été mis à l’ordre du jour de ce conseil du 10 mai. Il fut donc traité en « question » en début de séance, hors ordre du jour.
Comme à l’accoutumée, nous avons assisté aux échanges entre les deux partis. Et notamment aux répliques du maire et des adjoints rappelant le passé, estimant qu’il y avait eu « pire précédemment », défendant l’intérêt général pour la « résurrection » du centre social (sous-entendu qu’il y aurait un intérêt partisan pour la Maison de Quartier ?) et que les habitants du quartier ne seront pas abandonnés bien au contraire. Se reposant également sur des arguments techniques et organisationnels sortis tout droit des cours de management organisationnel.
Certes, les négociations qui ont eu lieu (parait-il), ne semblent pas avoir été productives et ont conduit à cette solution. Reste à connaître précisément les contenus et modalités de ces négociations dont il n’a jamais été mis sur la table des compte-rendus, des courriers…
Mais ce qui m’a choqué n’est pas dans ce débat. Après tout, chacun défend une conception politique, même si elle est contestable.
Non, ce qui m’a offusqué c’est ce qui s’est passé dans la salle : la manipulation grotesque de pseudo-supporters !
J’hésitais entre la révolte ou le retrait amusé d’une spectatrice devant un mauvais Pagnol et ses guerres de clocher !
Une douzaine de jeunes de l’ile de Thau (dont certains employés municipaux ou bien « connus du quartier pour quelques actes répréhensibles ») se cherchant pour former groupe mais ne connaissant pas ce lieu, ni même le déroulement d’un conseil municipal pour n’y être jamais venus. Ne sachant pas où se placer, la plupart se sont d’abord installés au milieu avant d’être rabattus bien à droite. A la place qui leur était attribuée (et indiquée en sous-main), ils ont pu alors, (au coup de sifflet ?) applaudir autant qu’ils pouvaient les déclarations de la majorité, siffler et crier sur celles de l’opposition. Sans le moins du monde écouter les arguments des deux bords. Sans connaître véritablement le fond du dossier, ses réalités, ses enjeux…
Du grand guignol ! A rire ou à pleurer selon l’humeur !
Mais inscrit dans un jeu dangereux d’exposition et de marchandage qui, pour moi, est anti démocratique et surtout irrespectueux envers ces mêmes personnes qui deviennent des objets d’assujettissements. Quel exemple pour les jeunes !
D’autres étaient là aussi, discrètement, pour écouter ce qui allait être dit.. Comme tout citoyen qui s’intéresse et voulant manifester leur présence, dans le respect de ce lieu et de cette instance démocratique de débat et de décision. Honneur à eux.
Nicole Bandelier
Membre du CA de Force Citoyenne




